Marie-Christine, comment et pourquoi as-tu commencé à faire du théâtre ?

J’ai commencé à faire du théâtre par mon amour des mots ! Dire des textes, les éprouver et les restituer au public ! C’est pour ça que j’ai commencé. D’ailleurs à l’âge de 7 ans, j’ai écrit ma première pièce de théâtre que j’ai mis en scène et joué devant ma famille. Je ne sais plus de quoi cela parlait, mais j’ai le souvenir d’avoir éprouvé beaucoup de joie durant ce moment de partage.

 

Est-ce que tu te souviens de ton premier cours ?

Non aucun. (rire) J’ai une mémoire de poisson rouge. J’oublie tout. Je suis tournée vers l’avenir, il est rare que je me replonge dans le passé. (rire)

 

Qu’est-ce que tu as ressenti la première fois que tu es monté sur scène devant un public ?

Une immense joie comme je le disais précédemment, et la sensation qu’enfin j’étais à la bonne place. Quand je suis dans un théâtre, c’est le bonheur total. Le monde et ses malheurs disparaissent, la scène pour moi c’est le lieu de tous les possibles, de toutes les rêveries, et je suis plus que reconnaissante quand j’ai la chance d’y accéder.

 

Le meilleur/pire souvenir sur scène ?

Aucun. C’est avant, que c’est terrible. J’ai le trac. Je me souviens que quand je jouais Marie Steuber dans Le temps et la chambre de Botho Strauss, mon assistante venait me réveiller chaque jour vers 17h. J’avais tellement peur de monter sur scène le soir, que je dormais toute la journée.

 

As-tu une anecdote marrante à nous raconter ?

Toujours dans cette même pièce, mon meilleur ami jouait aussi dedans. Il interprétait Olaf. Nous avions une scène ensemble. Une crise de fous rires m’a prise. Et cela, l’a entrainé aussi. Comme une enfant, j’ai pris une boite pour me cacher. Pensant ainsi, éviter que le public me remarque… Grave erreur ! Ce fut pire ! Quand je suis sortie de scène, tout le monde m’a dit qu’on voyait mon corps être pris de secousses derrière ma boite… bref tout le monde s’en était aperçu.

 

Et un souvenir de metteuse en scène ?

Je me souviens que sur la création de « Tu Trembles » de Bruno Allain, Juliette Allain (comédienne) devait jouer une mariée pleine d’entrain et d’enthousiasme à l’idée d’avoir dit OUI ! Et au fur et à mesure de la scène, se rendre compte que finalement elle faisait la pire connerie de sa vie ! Bref avec Juliette, on parle de la scène, on échange, on partage, elle se prépare et joue la scène ! Elle est sublime ! En un seul passage, tout est là ! Ce jour-là, j’ai compris la phrase qui dit que la distribution c’est 95% du travail !

As-tu des petites habitudes avant la première d’une de tes mise en scène ?

Une heure avant le spectacle, je vais voir les comédien.ne.s, je leur dis un grand M ! Et après, je tente de trouver la bonne place. Tu remarques que dans le théâtre, c’est rare les loges pour les metteur.se.s en scène…

Quel est l’esprit que tu essaies d’insuffler dans tes cours ?

De travailler dans la bienveillance ! Je souhaite que les personnes qui participent à mes cours se sentent à l’aise de tout proposer avec ce leitmotiv : propose et ensuite on dosera ensemble ! (rire) Je parle beaucoup des écritures contemporaines, de leur passer ma passion pour les mots et les textes ! Dans la perspective qui me conduit à penser mon travail comme une manière de mettre en relation du vivant et des vivants, je défends avant tout la littérature dramatique contemporaine car ce sont des femmes et des hommes vivant.e.s qui la produisent. Donc quand nous travaillons avec les élèves d’Acte 2 sur un texte pour le spectacle de fin d’année, dont je connais l’auteur.trice, je fais en sorte de créer un moment de rencontre entre eux.

Portrait presque chinois :

Si tu étais un personnage de fiction ?

Wonder Woman

 

Si tu étais une réplique de cinéma ou de théâtre ?

« LA JEUNE FILLE : la main remonte jusqu’à ma jugulaire

comme si elle voulait m’étrangler

si vraiment il voulait m’étrangler

je me laisserai faire

je crois

pourvu qu’il n’éloigne pas sa paume de ma chair

mais il ne l’éloigne pas

bien au contraire

il la garde fermement pressée contre ma gorge

il tâte

il cherche quelque chose

c’est ça un point précis

 

et au moment même où il semble le trouver c’est là que je sens l’éclair

la morsure du métal

d’une aiguille

d’une seringue

d’un produit

un flash

un shooter d’alcool fort

une drôle de sensation qui m’envahit

et c’est le monde entier qui tourne autour de moi

en rythme

et en technicolor

 

lumières stroboscopiques

 

« let your body decide

where you want to go

high or low

fast or slow »

 

le sol se dérobe sous mes pieds comme une trappe

 

lumière

noir

 

un noir bref et brutal

puis plus rien                                           Extrait du texte de Sabryna Pierre « Incroyable ».

 

Si tu étais un super pouvoir ?

Pouvoir d’ubiquité

Si tu étais un gros mot ?

What the fuck !

Si tu étais un plaisir ?

Marcher pieds nus dans l’herbe.

Si tu devais choisir trois personnalités avec qui jouer sur scène / diriger comme comédiens ?

Juliette Allain, Juliette Plumecocq Mech et Sarah Jane Sauvegrain.

 

Merci à Marie-Christine, qui s’occupe cette année de la  et d’une classe d’Intermédiaire d’avoir répondu à nos questions…